Le gendarme en plastique bleu

Publié le par Ph7

La porte de la cave était pour jim, enfant de sept ans, la porte des Enfers et de toutes ses Frayeurs.
Au début, il passait devant, sans lui prêter attention. Pris par le tourbillon de ses jeux. Pas un seul instant de toutes ses vacances, il n'eut besoin de faire appel à la cave, des maléfices oniriques dans la tête d'un enfant si jeune et si fragile. Mais une affaire peut banale allait lui arriver avant la fin des vacances. Un après midi pluvieux, il flânait dans l'appartement familial à la recherche d'un jeu nouveau qui pourrait le distraire de ce temps maussade.
Avec le temps, j'ai la conviction que cette affaire peu banale aurait pu encore plus mal tourner. Donc, à la recherche d'un nouveau jeu, il décida de prendre sa tirelire. Un gendarme en plastique bleu, un jouet offert comme tirelire par sa tante.
En retournant le gendarme , il vit la fente qui pourrait lui donner accès à la pièce de cinq francs.
Nous sommes en 1970. Au début, c'est avec une patience méticuleuse qu'il s'attacha à extraire ce petit trésor. Donc, il retourna le gendarme pour voir le fond; pas d'issue. il remit le gendarme sur ses deux pieds et il se retrouva toujours avec le même problème. Comment extraire cette petite économie de son coffre en plastique? Cinq francs, vous vous rendez compte. Combien de bonbons, de carambars, de zans, de chewing-gums, de chocolats. Mais rien n'y fit. Il repoussa l'idée que ce trésor devait rester à sa place et il s'évertua à réflêchir à un stratagème. Il reposa le gendarme en plastique bleu, sur son étagère et bien à sa place. Il avait dans l'idée que personne ne devait se douter de ses futurs projets de récupération de cet argent.
Le lendemain, le temps restait maussade mais, il ne pleuvait plus; si bien qu'il décida de sortir à la recherche de camarades de jeux. La rue devant la maison était déserte, si bien qu'il prit l'initiative de descendre au centre du village. Là, il vit un groupe d'enfants qui s'amusait au lavoir municipal.
Il se joignit à eux et ils firent de l'équilibre sur les bord des bassins. Attention à ceux qui ne savent pas nager...l'insouciance de l'enfance; le danger non conscient; le jeu avant tout.
Ils passèrent toute l'après midi à jouer, puis le soir venu, il ne restait plus que jim et son copain de classe. La journée leurs avait creusé l'estomac et ils rêvaient de bonbons.
C'est à cet instant que tout a basculé. Les prémices insouciants d'un acte répréhensible échaffaudaient dans leur esprit affamé par la gourmandise; voler des bonbons à la boutique.
Les voilà en route pour leur larcin. Deux culottes courtes observent le manège de la vendeuse.
Elle disparait à l'arrière boutique et ils profitent de cette brèche pour ramper jusqu'au rayon friandise. Là, ils remplissent leurs poches et ils repartent à quatre pattes, le plus discrètement possible.
Enfin! Ils sont enfin dehors. Tout heureux de leur réussite, ils remontent la rue parallèle au magasin. Alors après dix pas, une porte sur la droite et la terrible vendeuse, à leurs yeux d'enfants, allait bien sûr les prendre à parti. Ni une, ni deux; elle est sur eux. Elle hurle.
<<Vous m'avez volé des bonbons. Je vous ais vus et entendus."
Elle continue par ce qui allait être une menace redoutable:<<je vais prévenir vos parents>>
Je ne sais pas comment ça c'est passé pour son copain de classe mais pour jim se fut une redoutable expérience. Son père le remonta à la maison et sans un mot le prend par l'épaule et l'entraîne au fond du couloir; couloir qui se rapproche dangereusement de la porte maudite, celle de la cave.
Non, son père ne plaisante pas avec le vol, même pour un bambin de sept ans. Pas de ça dans la famille. Je revois la grosse main de son père s'approcher de la clef et jim qui se met à pleurer, à crier.
Implorant le pardon. Mais son dérapage allait le conduire dans les abîmes de la cave.
La porte s'ouvrit et déjà l'odeur de terre envahit le couloir. C'est encore pire que se que j'avais pu imaginer. Et, c'est là que jim devrai affronter sa peur; C'était la punition.
Jîm s'approcha de l'escalier en bois qui devait lui servir de geôle et il se remis à hurler après avoir parcouru quelques marches; la lumière s'éteignit. Dans le noir le plus total, les yeux mettent un certain temps à s'accoutumer mais la voix portait encore loin dans la maison.
Mais rien n'y faisait. il était seul dans l'escalier de la cave. Alors, il commença à reprendre ses esprits et une réflexion lui vint à l'esprit. Combien de temps allait-il devoir supporter cet isolement? Je crois que la réponse lui fut donnée trois heures plus tard. Jim entendit la voix de sa mère qui rentrait d'avoir fait les courses. Ce fut comme un espoir de salut. Jim savait qu'il allait être sauvé du croquemitaine par sa chère maman. Enfin, c'est ce que Jim croyait.  ne sais plus le temps qu'il me fallut pour rejoindre la porte mais c'est le bruit de mes poings sur le bois et mes cris qui résonnaient depuis l'antre noire du trou béant qui furent mon salut.
Sa mère ouvrit la porte et du même coup la lumière et il se jeta dans ses bras. Elle n'était pas au courant de ses méfaits mais son père se rapprochait et je crus le pire.
 Un retour dans le noir de l'escalier. Non, ils décidèrent que sa peine avait fait son effet et qu'il ne recommencerait pas de sitôt à chaparder des bonbons.
Le soir, à table, jim connu les réprimandes de son acte.
Jim avait honte et des larmes lui montaient aux yeux. Il alla se coucher l'âme en peine.

 

 

-Les nuits portent conseils dit-on. Pendant cette nuit, Jim rêva d'un gendarme en plastique bleu, géant!

Je veux aller là où le soleil se couche dans une enivrante lumière

 

Ph7

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